Abus dans l’Eglise : la paternité spirituelle en question

Trois livres sur la paternité spirituelle, face aux abus sexuels, viennent de paraître : De la paternité spirituelle et de ses contrefaçons de Pavel Syssoev – La Paternité spirituelle du prêtre. Un trésor dans des vases d’argile de Jacques Philippe – Comme l’argile dans les mains du potier de Mgr Jacques Turck, préface de Marguerite Léna. Dans la présentation, faite dans La Croix du 2 juin dernier(https://www.la-croix.com/Culture/Face-abus-sexuels-paternite-spirituelle-expliquee-travers-trois-ouvrages-2021-06-02-1201158925), les auteurs « disent chacun à leur manière et en fonction de leur itinéraire propre la grandeur et la beauté de leur ministère. » La paternité spirituelle est démontrée avec beaucoup de grandiloquence. Alors qu’elle est d’abord une grâce de Dieu. Comme l’est la grâce d’état du Sacrement de Mariage.

Cela nous a donné envie de réagir et de démontrer comment dans nos familles cathos, nous avons expérimenté la paternité spirituelle dans l’Eglise :

C’est, camouflés sous le manteau de paternité spirituelle, que des prêtres, des religieux, des prédateurs de communautés déviantes, usurpant ce qui revient de droit naturel aux parents, tant par la loi civile que par leur Sacrement de Mariage, se sont introduit en catimini dans leur vécu familial, ont violé leur intimité, l’ont « revisitée » au nom de leur dieu guérisseur, pour s’accaparer leurs enfants. Des jeunes à l’avenir brisé, des familles ravagées ! Des parents sont morts sans revoir leurs enfants. Des jeunes ont disparu dans l’Eglise… Les parents ont demandé aux évêques responsables de ces prédateurs, de sauver leurs enfants. Qu’ont-ils fait ? Ils les ont piétinés en les rejetant et en soutenant les gourous…

Les meilleurs discours qui exaltent la paternité spirituelle ne sont qu’un leurre. Messieurs, pour être crédibles, il vous passer aux travaux pratiques. En ce qui concerne l’épiscopat, une question s’impose : Les évêques, ont-ils encore la foi ou a-t-elle sombré avec leur paternité spirituelle ?

Des parents engagés dans le combat contre les dérives sectaires.

Le psycho-spirituel s’est infiltré depuis plus de vingt ans dans l’Eglise catholique.
Il s’agit d’une doctrine qui mêle des éléments de la Psychologie, superficiels, non validés par des experts, à des emprunts du Spirituel dénués d’exégèse, réinterprétés ou détournés.
Voici un exemple concret pour vous aider à le repérer.

 

L’homélie du « Jour du Seigneur »

 

https://www.lejourduseigneur.com/homelie/il-fallait-oser-messe-du-11-avril-2021-a-angers-2e-dimanche-de-paques/

 

Liens vers la video

 

Une Analyse explicite

« Le jour du Seigneur » est complimenté sur les réseaux sociaux pour l’homélie de la messe télévisée du dimanche 11 avril 2021, à l’abbatiale St Serge d’Angers, par le frère dominicain Franck Dubois. Elle y est qualifiée de « Tellement de vie qu’elle sera contagieuse ». Et selon les données en ligne, c’est entre 550.000 et 1,7 million de spectateurs qui suivent la messe télévisée chaque dimanche, c’est dire l’incidence de cette homélie !

Or, elle pose problème… car même si elle fonctionne sur le plan oral comme un assez bon « one man show religieux », non seulement elle passe à côté de l’enseignement du texte d’Evangile, mais surtout et c’est bien plus grave, elle véhicule, transmet les fondements de l’hérésie du Psycho-Spirituel.

En effet, sur un ton badin, un brin humoristique, et avec un vocabulaire qui se veut branché (« ce type » « une bande » « des courses ») nous découvrons la personnalité de Thomas. Il serait « serviable » « pratique » « concret » « direct ». Il n’a pas peur et a les pieds sur terre. Cette introduction correspond à une technique bien rodée : une approche psychologique de la situation, et une actualisation des faits qui éludent toute exégèse (aller faire les courses, pas sûr que pour un homme, il y a 2000 ans, ce soit vrai), n’apportent rien sur le plan théologique mais ont pour but de favoriser l’adhésion de l’auditoire par les processus de projection. Au passage, notons combien cette technique désacralise la parole de Dieu…

Ensuite, tout pratiquant de longue date s’attend à entrer dans le vif du sujet, le fondement théologique de ce texte, à savoir la difficulté de croire, la Foi qui constitue une des trois vertus théologales, la différence entre une preuve et un signe, la confiance (synonyme du mot foi) qui vient du coeur et éclaire notre regard et nourrit nos vies… La Foi Pure (selon St Thomas d’Aquin)… Et il y aurait eu beaucoup à dire ! Que nenni …rien de tout cela ! C’est un glissement théologique qui est proposé. Partant du mot « blessures » pris au sens médical, physique du terme et déployé jusqu’au plan psychologique. Le mot « blessures » devient central, or, il n’est pas dans Jean 20, 19-31 qui contient le terme de « marque » !

Ce changement dans le vocabulaire est significatif de l’hérésie du Psycho-Spirituel (un messianisme temporel selon lequel Dieu nous guérit de nos blessures car il nous veut heureux ici et maintenant, une déclinaison catho de la « religion du Bien-Être », qui mêle sans fondement sérieux, ni expertise validée, des éléments de la psychologie à des emprunts dévoyés à la théologie chrétienne, et qui est susceptible de provoquer un délabrement psychique grave voire même d’être utilisé à des fins sectaires.)

L’homélie démontre que si le Christ dévoile ses blessures, sa faiblesse, sa fragilité, c’est pour inviter Thomas et nous à sa suite, à oser faire de même. Nous sommes face à un dévoiement total du texte de Jean, parfaitement réussi en raison d’une actualisation du récit pour favoriser les phénomènes projectifs chez l’auditeur, du contournement total de la question théologique posée par le texte et d’un glissement lexical et sémantique pour appuyer une interprétation psychologisante de la Parole de Dieu. Ce qui est grave, ce n’est pas qu’une homélie comporte des erreurs, car cela peut arriver ! Ce qui est grave, c’est que ce soit l’homélie d’un frère Dominicain reconnu, enseignant, prédicateur, maître des novices du couvent de Strasbourg. Ce qui est grave, c’est que ce soit l’homélie de la messe télévisée du 2eme dimanche du temps Pascal … Ce qui est très grave, c’est qu’elle n’ait pas fait réagir une horde de prêtres, religieux, évêques ! Car « errare humanum est, perseverare diabolicum ».

Alice Frangin

https://www.ccmm.asso.fr/temoignage-le-collectif-ccmm-des-victimes-et-familles-de-victimes-du-psycho-spirituel-transmet-ce-cri-de-douleur-dune-maman/

TÉMOIGNAGE 

le Collectif CCMM des victimes et familles de victimes du psycho spirituel transmet ce cri de douleur d’une maman

8 Mar 2021 | Abus de faiblesse, CCMM, Manipulation mentale, Religions

 

L’Exclue

Pourquoi ce titre « l’exclue » ? Parce que, comme beaucoup d’autres parents, je n’ai plus de nom, plus de visage. Je n’existe plus. Nous n’existons plus. Parce que dans l’Eglise catholique, on détruit des jeunes, des parents, des familles. Il s’agit bien de destruction, pas de ruptures familiales qui au fil du temps et des évènements peuvent s’oublier. Non ! Nous sommes là dans un processus de mort… Celle des parents. Au nom de Dieu.

 

Qui sont ces destructeurs ?

Ce sont des religieux vrais ou faux, certains portants l’habit alors que ce sont des laïcs. Souvent de communautés charismatiques, mais aussi de moines dont les couvents sont infestés par ce phénomène. Le mensonge est le fondement de leur mystification. Les scandales qui actuellement, sortent en rafale jusqu’à l’écœurement, donnent une idée de ce que sont la plupart de leurs fondateurs, et de ce qu’il se passe là dedans.

 

Leurs méthodes :

Ces « saintounets » en apparence, en réalité très séducteurs, connaissent bien le langage des jeunes. Leur souci est de les recruter, pas de les faire grandir. Ils ne les aiment pas, ils les utilisent comme des objets selon leurs besoins. Comme tous les prédateurs ils avancent masqués. Pour cela, ils créent avec eux des relations fusionnelles. Le terrain est bien préparé. Les jeunes en confiance parlent de leur vécu, de leurs parents…. On va alors leur proposer des « retraites » faussement présentées spirituelles, en réalité des relectures de leur vécu selon les techniques liberticides d’un lavage de cerveau. Ces malfaisants religieux ou pas, utilisent des techniques qui remanient la mémoire et corrompent le vécu. Ils ont fracassé nos enfants spirituellement, intellectuellement, affectivement, jusqu’à violer leur conscience pour leur faire commettre des actes inhumains contre leurs parents. Des actes que nos enfants n’auraient jamais commis autrement.

Ces procédés ne viennent pas de nulle par. La plupart des fondateurs ont touché durant des années à l’ésotérisme. On a parlé de leur doctrine délétère comme de la foi catholique dévoyée. C’est bien plus grave que cela. C’est la foi en la Bête Immonde. Il suffit de lire, dans les nombreux documents de leurs « retraites », que nous nous sommes procurés, les suggestions malsaines, sexuellement obsessionnelles, dépravantes, qui salissent la sexualité des parents, la conception du jeune, la figure du père et de la mère, etc.

Ces prédateurs ont besoin de faire d’une famille heureuse un champ de ruines, à leur image. Ce sont leurs fantasmes, voire leurs turpitudes qu’ils projettent sur les parents désignés boucs-émissaires. D’où l’acharnement à faire des enfants les bourreaux de leurs parents. Un système pervers, signé dans l’inversion théologiquement satanique où ces nuisibles se présentent en « guérisseurs » de jeunes « victimes » de parents maltraitants, voire incestueux !

Parents aimants, responsables, proches de nos enfants, nous avons veillé sur eux, leur donnant le meilleur pour qu’ils grandissent et qu’ils préparent un bel avenir. Nous ne pouvions nous douter que nos enfants, dans l’Eglise, seraient assujettis à de pareilles saletés. Aucun parent ne peut imaginer cela. Nos enfants ont été livrés à des dépravés, qui en nous salissant, ont détruit leur innocence et les ont abîmés. Comment de pareilles monstruosités sont-elles possibles dans l’Eglise ? Les scandales sexuels qui sortent aujourd’hui apportent un éclairage à nos questions.

 

Les conséquences

Elles sont terrifiantes ! D’abord faire croire à des jeunes que leurs parents ne les aimaient pas, donc qu’ils les ont trompés, c’est leur donner à vivre une grande souffrance et les faire douter de l’amour pour toujours. Couper des jeunes de leurs racines, de leur histoire c’est en faire des électrons libres, des insulaires, sans avenir puisque sans passé… C’est criminel.

Pour vivre dans ce marasme, les jeunes sont dans l’obligation non seulement de rejeter leurs parents, mais de les exclure de leur vie. Désormais, ils n’existent plus : des morts vivants. Qui bien qu’exclus vont continuer à être boucs-émissaires de tout ce qui arrivera de négatif dans la vie de leur enfant. C’est le processus mis en place pour tuer les parents. Ils ont été accusés, jugés, condamnés à être bannis. Avec la complicité de l’épiscopat qui continue de laisser faire… Cela fait froid dans le dos.
Cette horreur ne s’arrête pas là. On ne chamboule pas un cerveau sans dégâts : état schizoïde, angoisse de mort etc. Les manipulateurs le savent. Ils vont « suggérer » à leurs victimes de trouver pour se rassurer, dans la famille, d’autres membres fragiles pour diverses raisons, qu’ils retourneront contre leurs parents. La perversité a horreur des beaux jardins, elle ne cultive que les ronces et le chiendent. C’est donc par un seul membre impacté par cette manipulation mentale que toute une famille peut se délabrer.

Et le pire est à venir. Car, ces jeunes dont on a détruit l’amour parental qu’ils ont reçu, si à leur tour ils ont des enfants, seront-ils capables d’être parents, de les aimer, de leur permettre de se construire ? Quelle transmission culturelle pourront-ils leur offrir en les privant des grands-parents ? Leur histoire familiale est perdue, celle a laquelle ils avaient droit, on la leur a volée, anéantie.

Et Dieu ? Qu’en ont-ils fait tous ces prédateurs ? Qu’en a fait l’épiscopat ? Il suffit de lire les journaux pour avoir la réponse. C’est le temps de la honte pour eux. Quant aux parents, ils ont épuisé leur capital de larmes. Depuis vingt ans ils s’en remettent à Dieu …

Après avoir subi une telle violence,
L’exclue n’a pas de nom
Pas de visage,
Comme tant d’autres parents
Rejetés depuis des années
Dans le déni de l’épiscopat

 

 

Le livre de Dom Dysmas de Lassus, Risques et dérives de la vie religieuse, paru aux Editions du Cerf en 2020, propose une réflexion pour prévenir les dérives qui peuvent avoir lieu dans la vie religieuse. L’Auteur pointe en particulier la question de l’exercice de l’autorité et celle de l’obéissance. C’est un supérieur qui parle pour aider des supérieurs, si l’on en croit la réflexion de Mgr Carbalos, secrétaire de la Congrégation romaine pour la vie consacrée : ce livre, dit-il dans la préface, peut être utile pour des visites canoniques.

 

Mais la réflexion conduite par le prieur de la Chartreuse conduit à se poser une question : son approche peut-elle aider des religieux, spécialement ceux qui débutent, à débusquer les dérives lorsqu’ils y sont affrontés ? Il semble que, pour lui, une connaissance claire de la théologie de la vie religieuse et le recours à des garde-fous institutionnels tels que le Code de Droit canonique, les chapitres et les visites canoniques, sont une solution pour prévenir les dérives.

 

Mais est-il allé au fond du problème ? Il ne semble pas, car les dérives, en réalité, ont leur racine en amont des communautés, à un niveau ecclésial. Or de cela, on ne prévient pas les religieux ; et leurs connaissances théologiques, aussi performantes soient-elles, ne leur permettront pas de comprendre où est le danger, à moins qu’ils y soient confrontés un jour. Mais alors, ils n’ont pas les moyens de le cerner et sont pris au dépourvu pour réagir. Ce constat a conduit sœur Marie-Ancilla à faire une réflexion théologique et spirituelle sur la racine profonde des dérives qui se sont multipliées depuis un demi-siècle dans la vie religieuse.

 

Elle a ainsi montré que la racine des dérives est le mensonge, aussi bien pour les dérives au niveau des mœurs que pour celles, connexes, concernant la doctrine et l’argent, même si le plus souvent elles sont passées sous silence. Le mensonge, en effet, occupe une place de choix dans notre société et il s’est introduit dans l’Eglise, avec l’effondrement massif de la morale. Un mensonge institutionnel s’est infiltré ensuite dans la vie religieuse, et cohabite avec une excellente formation théologique des supérieurs. Voilà pourquoi vouloir combattre les dérives avec le droit canonique et les visites canoniques paraît assez utopique.

 

Comme l’a écrit Soljenitsyne : « Plus le mensonge est monstrueux, plus probable il est que les gens vont le croire. » Mais il ajoutait que si chacun refusait absolument de mentir une seule fois, le système soviétique exploserait. On pourrait plagier ; si tous les religieux étaient fermement déterminés à ne pas mentir, le système ecclésial qui les enserre exploserait. Mais voilà… combien de religieux le font ? Et pourquoi n’osent-ils pas ? C’est ce que le livre de sœur Marie-Ancilla nous propose de découvrir.

 

Comme toutes les idéologies, le psychospirituel recrute des jeunes et les formate. Pour cela il faut au nom de Dieu, tuer l’amour et en faire des insulaires. Sont utilisées des psychotechniques sectaires délabrantes pour les déraciner de leurs familles, griller leur histoire et  leur en implanter une autre. Ce qui génère beaucoup de souffrances. Ce lavage de cerveau fait d’eux les soumis sans âme de ce système.

 

Tous sont utilisés selon leurs capacités pour recruter et endoctriner de nouveaux adeptes. Chacun à sa place est un recruteur qui travaillera sans compter « pour Dieu » c’est-à-dire bénévolement, de fait et sans le savoir pour remplir les coffres-forts.

 

Il y a ceux qui triment sans compter dans l’ombre pour assurer le travail matériel et ceux, intellectuellement brillants et diplômés qui sont formatés pour devenir des gourous, des gourelles, des « formateurs » qui à leur tour, sous la tutelle de leurs « maîtres » sans conscience, formatent d’autres jeunes pour pérenniser le système.

 

Tous « revêtus » d’une apparence paisible, spirituelle très séductrice, sont intérieurement des êtres brisés par cette idéologie perverse qui détourne leur souffrance inhérente à l’emprise vers un bouc-émissaire : ils sont victimes de leurs familles nocives et sont là pour en « guérir », ce qui selon un doctrinaire du système peut durer la vie entière. C’est le dogme du système. Le prix à subir pour être « l’élite » de cette nouvelle religion galopante. 

 

 

Au nom de Dieu ? Au nom du mal ?

 

Confiant, au nom de Dieu, sans le savoir vous avez suivi le séducteur, celui qui vous a fait croire qu’il avait les clefs de la connaissance pour vous conduire au paradis. Il a ainsi pris la place de Dieu. Ses clefs ont fracturé  le sanctuaire de votre cœur. Il y a  pénétré. Il a farfouillé dans votre intimité, fabulé des « blessures » dont il a accusé vos proches ». Il vous a menti. Pour vous « guérir » il a tué l’amour et mis la haine dans votre cœur. Son « paradis » promis était à ce prix.

 

Ouvrez les yeux !

 

Qu’a-t-il fait de votre vie ? Une terre ravagée. Qu’avez-vous fait de vos proches, de votre famille, de ceux que vous aimiez ? Que de  mal vous leur avez fait ! Que de souffrances ! Au nom de Dieu ?  Non, au nom du séducteur, au nom du  mal : mensonges, division, calomnies, accusations et rejet de l’autre, haine.

Jusqu’où êtes-vous allé ? Jusqu’où vous êtes vous détruit dans ce mal ? Où irez-vous pour vous en délivrer ? Comment retrouverez-vous votre cœur de chair ? Votre cœur capable d’aimer ?

 

Souvenez-vous !

 

Il y a toujours une place vide dans votre famille : la vôtre. Elle vous attend depuis si longtemps…