Justice et Vérité pour les familles

 

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En préambule, et pour éviter toute confusion, nous tenons à préciser qu’il ne s’agit pas de nier les blessures et les traumatismes inhérents à toute vie, plus ou moins graves pour certains et la souffrance qui en découle. Nous comprenons d’autant plus que certains dans notre groupe y sont confrontés par leur métier.

Ces souffrances psychiques, quelles qu’elles soient, ne peuvent être soignées que par des personnes compétentes, après un long cursus universitaire et des diplômes qui donnent une habilitation pour le faire. Soignées dans le cadre de thérapies qui se limitent au psychisme Nous considérons scandaleux qu’au nom de la foi – et de quelle foi ? – des personnes « formées » au psycho-spirituel, c’est à dire incompétentes,  se permettent de toucher à de l’humain. Comment comprendre aussi, que des psychologues au nom de cette même foi,  s’engagent dans la même confusion psycho-spirituelle pour guérir au nom de Dieu ? Faut-il s’étonner ensuite des délabrements et des catastrophes humaines dénoncées sur ce site ?

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En 2011, après une année de travail sur ce sujet, la Conférence des  évêques de France, a rendu un rapport intitulé 

« Groupe de réflexion spirituel et psychologie »

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Document de référence à lire : Documentations

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Voici quelques extraits de l’introduction :

« (…)  l’Église est aujourd’hui invitée à être attentive à ce qui est proposé par des groupes de chrétiens organisant des sessions de guérison dites « psycho-spirituelles ». Ces sessions attirent de plus en plus de chrétiens qui les perçoivent comme un ministère offert par l’Église au nom du Christ. L’importance de leur attrait urge la vigilance que doit exercer tout évêque sur de telles propositions faites dans son diocèse. Il est de sa responsabilité de vérifier l’authenticité évangélique de ce qui est proposé. C’est cette responsabilité- même qui est à l’origine de la création de notre groupe de réflexion. Ce groupe est en mesure aujourd’hui de lister des points de vigilance qui semblent mériter attention en raison de déviances souvent présentes.

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Les personnes qui font confiance aux animateurs de ces sessions et à ces accompagnateurs, perçoivent comme un « plus » le fait que l’écoute qu’on leur offre soit tout à la fois spirituelle et psychologique. Elles ne semblent pas réaliser que ce type d’écoute peut engendrer des confusions, parfois lourdes de conséquences malheureuses »

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En page 5 un extrait du psychiatre dont vous trouverez l’analyse complète dans le rapport :

3) (…) Son expérience de psychothérapeute lui permet de saisir rapidement ce qui serait faute professionnelle de sa part s’il agissait de telle ou telle façon. Sa compétence lui interdit toute tolérance vis-à-vis de propositions déontologiquement inacceptables.

 

L’analyse qu’il a faite d’un livret de déroulement de l’une de ces sessions n’a pas surpris les membres du Groupe de réflexion. Tous ont retrouvé dans son texte ce qu’ils constatent depuis longtemps en écoutant les personnes leur parler – en bien ou en mal – de ces moments. (…)  les défaillances et fautes professionnelles en matière de psychothérapie (…) :

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– méconnaissance de la psychologie de base, conduisant à des interprétations erronées et des explications simplistes et réductrices ;

 

– interprétation unique et qui s’impose à partir de ce qui est imaginé et projeté tout au long d’une anamnèse. Le récit de la personne écoutée devient fiction, alors qu’elle est affirmée réalité historique ;

 

– glissement du psychoaffectif au spirituel…

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Sa conclusion :

 « La démarche d’offrir des réponses toutes faites à des questions ou blessures personnelles peut apporter un soulagement dans un premier temps car le sujet a l’illusion d’avoir trouvé la raison de ses maux. Mais non seulement elle n’ouvre pas la voie vers un travail personnel d’élaboration de ses propres conflits psychiques mais elle risque au contraire d’aboutir à une fermeture personnelle, voire à des ruptures relationnelles en rapport avec des boucs émissaires désignés ».

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Le psychiatre continue :

« 4) Les « blessés de la vie »2 (cf. annexe 4) L’expression est devenue courante dans nos sociétés de consommation, qui reconnaissent de plus en plus des victimes dans les personnes ainsi désignées : elles n’auraient pas reçu de la société ce qui leur serait dû. D’où une étonnante vision anthropologique sur laquelle sont fondées les démarches psycho-spirituelles et qui peut se formuler ainsi : l’homme ne devrait pas être blessé, mais nous le sommes tous de façon multiple car nous n’avons pas été aimés comme nous aurions dû l’être ; des blessures se sont accumulées depuis notre conception et chacune a été un traumatisme lourd de conséquences. Et voici l’affirmation essentielle : ces blessures guériront si nous pardonnons à ceux qui nous les ont faites. Il est habituel aux accompagnateurs et animateurs de sessions psycho-spirituelles de s’efforcer d’aider ceux qui viennent à eux en leur demandant de se remettre en mémoire les blessures qu’ils auraient reçues depuis leur conception jusqu’au moment présent – et de demander à l’Esprit Saint de les leur révéler s’ils n’en ont pas le souvenir : ils pourront ainsi pardonner aux auteurs de ces blessures – auteurs parfois imaginés, mais toujours accusés – et seront de ce fait guéris.

Deux réflexions invitent à prendre conscience de l’ambiguïté de cette démarche :

– Les récits de guérison rapportés par les évangiles l’ignorent. Jésus lui-même n’a pas été guéri des blessures que lui ont faites les hommes. Ressuscité, il nous les présente glorifiées : elles nous manifestent le Salut.

– Affirmer que toute blessure est due au traumatisme causé par un manque d’amour, et se centrer sur la recherche de la personne qui en serait responsable pour lui pardonner, n’est-ce pas mettre celui qui se situe comme blessé en attitude d’accusation d’autrui ? De plus, s’il est demandé à l’Esprit Saint de révéler les auteurs des blessures, n’est-ce pas risquer de faire de l’Esprit Saint un esprit accusateur ? N’est-ce pas interpréter faussement la mission de l’Esprit de Vérité ? Par ailleurs, insister sur la recherche de ceux ou celles qui auraient blessé la personne concernée, n’est-ce pas détourner son attention de ce qui, en fait, blesse principalement sa vie spirituelle, à savoir son péché ?

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  1. 10 sous la plume d’un jésuite :

« À lire certains documents et témoignages, on a le sentiment qu’en focalisant l’attention sur la « guérison des blessures », la personne concernée est invitée à se considérer comme victime plutôt que responsable de sa vie, comme malade plutôt que pécheur, en quête de santé mentale plutôt que de vitalité spirituelle. À la limite, c’est la notion de conscience qui devient floue. La direction de conscience peut alors se muer en écoute psychologisante, l’examen de conscience en anamnèse des traumatismes psychiques, le sens moral de la responsabilité personnelle en analyse des origines de la névrose. Sous couvert d’un accompagnement spirituel nommé « psycho-spirituel », on glisse alors insensiblement vers des pratiques psychothérapeutiques mal définies, sans respecter les distinctions nécessaires. Alors que l’accompagnement spirituel vise à aider un chrétien à progresser dans la docilité à l’Esprit Saint – en prenant conscience des « signes » de son action dans sa vie, en écartant les affections désordonnées et en luttant contre les passions de l’âme -, la psychothérapie, de son côté, est attentive aux « symptômes » d’un disfonctionnement interne du psychisme, dû en particulier aux carences »

Nous vous engageons à lire ce document.

Pour son aspect concret, nous vous proposons de lire une anecdote très révélatrice qui nous est arrivée :

Ni responsable, ni coupable 

Cette psycho-religiosité de « blessures-guérison » se veut le chemin obligatoire pour être sauvé. Un doctrinaire précise que pour entrer au ciel il faut être guéri ! C’est dire qu’un tel enjeu permet bien des dérives La sainteté passerait par la guérison psychologique, quel charabia ! Voir ce document sur la théologie du salut qui remet les choses en place :

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Mémoire Master Théologique

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Le rapport de la CEF est accablant pour le psycho-spirituel.

Nombre de travaux psychologiques, philosophiques et théologiques dénoncent ses déviances.

Malgré cela cette religiosité est le fondement de la nouvelle évangélisation charismatique

 qui cible prioritairement  des milliers de jeunes.

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