Justice et Vérité pour les familles

 

Vous avez rencontré une communauté qui vous attire. Vous projetez d’y entrer. Voici quelques points de réflexion que nous vous proposons avant que vous ne « sautiez le pas » :

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Dans quelles conditions s’est fait le recrutement ?

– Comment avez-vous rencontré cette communauté ? Dans un rassemblement de jeunes, un groupe de prière, une session de guérison, une retraite charismatique, un foyer d’étudiants ?   – – Qui et quoi vous a fait basculer vers ce choix ? Avant de vous décider, avez-vous pris le temps de la réflexion, d’un accompagnement personnel avec un prêtre qui ne fait pas partie de ces groupes, ou avez-vous découvert votre vocation avec un membre engagé dans ce mouvement ?

– Votre décision sera déterminante de votre avenir. Vous a-t-on fait arrêter vos études ? Changer radicalement votre vie ? Couper vos relations avec vos amis croyants ou pas ? Distendre vos liens familiaux ?

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A savoir :

– une engagement de vocation demande de la réflexion et du temps. Il ne peut se faire sous le coup d’une émotion, d’une « parole de connaissance » ou d’un prétendu appel suggéré par une personne.

– des études stoppées, auront peu de chance d’être reprises. Si vous voulez un jour quitter la communauté, vous aurez des difficultés à  vous réinsérer dans la vie active.

– une communauté saine respecte le vécu de chacun et à ce titre ne peut exiger votre rupture avec qui que ce soit.

– Un engagement religieux normal est dans la continuité de la  vie dans sa réalité. Ce n’est pas un passage radical dans une autre vie, un autre monde.

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Des éléments à ne pas négliger :

– Consulter les statuts de manière à savoir s’il s’agit d’une Communauté religieuse, d’une Congrégation, d’un Institut de vie consacrée ou d’une Association de laïcs.

–  Vérifier sous quel régime social vous allez être pris en compte : cotisations sociales, remboursements maladie, hospitalisation etc. Sans oublier la prise en charge de vos cotisations de retraite. Autant d’éléments concrets auxquels on ne pense pas assez. Des communautaires âgés ou d’ex-communautaires,  faute d’y avoir pensé se retrouvent aujourd’hui sans ressources après avoir travaillé au seul profit de la communauté durant des années.

– La communauté se présente peut-être comme une communauté religieuse, ses membres sont en habit religieux. Il faut savoir qu’une « association de laïcs » qui est le statut de la majorité des communautés du renouveau, n’est pas une communauté religieuse. L’habit est une mascarade.

 

La différence est de taille :

– Une communauté religieuse reconnue comme telle dans l’Eglise est déclarée telle à la préfecture. Les jeunes qui y entrent sont soumis à des vœux religieux de pauvreté, obéissance, chasteté, reconnus par l’Eglise. Normalement, ils bénéficient de la couverture sociale de la communauté. S’ils tombent malades, la communauté doit les assumer. Ils s’engagent envers la communauté tout autant qu’elle est engagée envers eux.

– Une association de laïcs déclarée telle dans l’Eglise et à la préfecture, reçoit des jeunes mais ne leur assure aucun avenir. Les vœux religieux n’ont aucun sens et sont irrecevables puisqu’il s’agit d’un engagement laïc révocable à tout instant, et non religieux.

– Dans la plupart de ces communautés de laïcs, en habit, voulant vivre comme des moines, les vœux religieux sont imposés. Ce sont des vœux abusifs qui n’ont aucune valeur. Le jeune s’engage mais ni la communauté, ni l’Eglise n’est engagé envers lui. Il peut se retrouver un jour devant la porte, avec pour bagage ses seules larmes, et ses années perdues. On lui dira qu’il était « bénévole » et à ce titre n’a aucun droit.

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– Le statut des familles est encore plus problématique, surtout avec des enfants.

Il y a le couple engagé dans le mariage avec son vécu propre, le couple parental investit de l’autorité parentale et les enfants. Au vu des témoignages que nous avons, cela pose de nombreuses questions puisque la famille est sous dépendance du responsable de la communauté :

– Quelle intimité de couple a-t-il ? Sous quelle dépendance est-il ?

– Qui exerce l’autorité parentale : les parents ou le responsable de la communauté ?

– Quelle est la place de la famille dans la communauté ?

– Quelle dépendance ? Quels moyens matériels personnels ? Qui décide des besoins ? Qui gère l’argent ?

– A-t-on le droit d’engager des enfants dans une telle expérience ?

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A savoir :

– Un couple marié est engagé devant la société civile envers laquelle il a des devoirs et qui lui donne des droits. Il doit avoir la liberté d’éduquer ses enfants et pour cela en avoir les moyens financiers. Personne ne peut se substituer à cet engagement.

– Ce couple, s’il est catholique,  est uni par le sacrement de mariage. Personne n’a le droit de s’insérer, de pénétrer ou d’interpréter le vécu des époux, voire d’imposer un mode de vie, au nom d’une démarche prétendument de foi.

– Le couple doit garder l’autorité parentale et la liberté d’exercer ce droit sans avoir à en référer à un « supérieur » religieux.

– Les enfants n’ont pas à être soumis à une autre autorité que celle de leurs parents.

– Ils doivent pouvoir voir librement leurs grands parents, leur famille dont les fêtes familiales doivent être prioritairement respectées.

– L’engagement de leurs parents ne doit pas déterminer de leur vie. Ce qui pose une question de bon sens : que font les enfants dans ces communautés ? Le mariage est une vocation, quel amalgame de « vocation » confuse veut-on imposer aux familles ? Avec quels risques ?

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En aucun cas la communauté ne doit prendre la place de la famille. Toutes les relations familiales et relationnelles doivent être respectées. 

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