Justice et Vérité pour les familles

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Connaissez-vous le pilier du psycho-spirituel ?

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Le fondement du psycho-spirituel est une idéologie pseudo religieuse dont le pilier est le «  bouc-émissaire ». C’est le rôle imposé aux parents qui vont être désignés responsables de toutes les « blessures » imaginées par les gourous. C’est dans cette seule « relation » perverse que les parents seront enfermés avec leurs enfants.  Sans le bouc émissaire, la religiosité pernicieuse de  « blessures-guérison » serait caduque.

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Essayons de voir comment ce système se met en place, à partir de la lettre n° 40 « La Croix Glorieuse » :

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«  quelques jalons pour ACCOMPAGNER SUR LE CHEMIN DU PARDON… »de la Fraternité St Camille de Lellis.

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Mes ennemis sont mes plus proches

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– Une chose qu’il (…) est parfois souhaitable d’expliciter pour l’accompagné, c’est que mes ennemis authentiques ne sont généralement pas des adversaires « déclarés (…)  Non. Mes ennemis sont d’abord mes plus proches, ceux que j’aime, et justement parce que je les aime ! Parce que je les aime, j’en attends de l’amour, et je suis déçu dans mon attente. …. Non pas forcément parce qu’il m’ont clairement  » fait du mal » mais parce que souvent,  il ne m’ont pas fait le bien que j’attendais.

(…)  Se pardonner à soi-même

– (…) l’accompagné (…)  peut avoir besoin de se pardonner à lui-même. Ce sera parfois sa façon de réagir à l’offense. D’autre fois, plus subtilement, se pardonner de l’avoir provoqué.

Car le pardon n’est pas un happy end…

– (…) la grâce du pardon ne supprime pas et ne résout pas toutes les souffrances et les difficultés consécutives à la blessure. … »

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On constate dans ce bref passage que :

– on « explicite » à  » l’accompagné  » que ses ennemis sont ses proches ». Non pas par le mal fait (difficile à prouver) mais dans la subjectivité du bien qui n’a pas été fait. Ce sont des méthodes qui créent de faux souvenirs.  

Parce que je les aime, j’en attends de l’amour, et je suis déçu dans mon attente.

La personne manipulée est infantilisée : elle attend de l’amour. En donne-t-elle ? Y a-t-il une relation d’altérité dans cette utilisation de l’autre coupable de ne pas combler ses besoins ? 

– « se pardonner à soi-même » : un moyen de déresponsabiliser « l’accompagné » du mal qu’il fera à sa famille, et de le maintenir dans la posture de victime. Ce renvoi vers soi est un enfermement. Se pardonner à soi même évacue toute relation à l’autre en tant que personne.

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Et pour finir : « le pardon ne résout pas toutes les souffrances… consécutives à la blessure. » L’accompagnateur devrait se poser la question : pourquoi ? La réponse est évidente : parce qu’il est aussi virtuel que lesdites  « blessures « … Cette doctrine de « blessures-guérison-pardon-virtuels » rend les personnes irresponsables et les enferme dans leur ego « offensé » où le pardon donné est impossible puisque pardonner au  «  bouc émissaire », c’est effondrer le système. La perversité demeure que l’enfant est condamné à la posture de victime et d’accusateur et ses parents à rester bouc émissaire. Il n’y a pas de porte de sortie.

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Nombre de parents ont reçu des lettres de leurs enfants disant : « je t’ai pardonné mais je ne veux plus te voir ». Pardonné de quoi ? Seul le théoricien pervers qui a fabriqué les prétendues blessures, et leur enfant qui les a faites siennes, le savent. Quant aux parents, ils se torturent à essayer de les trouver, avant de comprendre qu’il n’y a rien à comprendre en dehors du fait que leur famille subit  une attaque de nature sectaire.    

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Une autre question se pose, les théoriciens du psycho-spirituel sont-ils capables de sortir de cet enfermement victimaire infantile pour se reconnaitre coupables de leurs fautes et en assumer les conséquences ? On peut en douter : 

En janvier 2003,  Mgr Carré, l’évêque responsable, au courant de ces dérives, conduisait la communauté des Béatitudes à la reconnaissance romaine ad experimentum pour cinq ans. En décembre 2002, juste avant cette  occasion, le Modérateur Général des Béatitudes, le Père Wallays, adressait une lettre aux nombreuses victimes de la communauté, dans laquelle il demandait pardon. En  voici le passage:

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« … je voudrais demander pardon à chacun au nom de la communauté pour les fautes commises et pour les souffrance infligées …Peut-être certains d’entre vous ne pourront pas accueillir cette démarche, mais je la fais du fond du cœur. »

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En deux phrases le modérateur se défausse de ses responsabilités, avec une légèreté déconcertante. Il parle pourtant  de « fautes commises » de « souffrances infligées« . Même si des mots sont posés sur ce qu’ont enduré les victimes, ce ne sont que des mots qui restent dans l’inconséquence puisqu’il lui suffit de demander pardon « du fond du cœur » pour s’absoudre.

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A l’encontre de la religiosité psycho-spirituelle, voici la position de l’Eglise sur le pardon : 

In « Dives in Misericordia » de  Jean-Paul II

Chapitre 14 : L’Eglise s’efforce de mettre en œuvre la Miséricorde

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Il est évident qu’une exigence aussi généreuse de pardon n’annule pas les exigences objectives de la justice . La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun passage du message évangélique, le pardon, ni même la miséricorde qui en est la source, ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses. En chaque cas, la réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l’offense sont conditions du pardon.

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Ce que demande Jean-Paul II est impossible à réaliser  dans le psycho-spirituel. Dans la réalité  et dans la foi catholique, tout chemin de pardon est un chemin humain où se retrouvent l’offenseur et l’offensé, tous deux liés au même mal : commis par l’un, subi par l’autre. Le psycho-spirituel n’a aucun fondement humain. Il s’enracine dans les délires accusateurs de ses théoriciens. Il ne peut reconnaitre le mal commis, le coupable c’est l’autre.   

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En réduisant une personne à être l’accusateur de ses parents, sans aucune notion de responsabilité, on constate qu’elle n’a plus ni sa raison ni son jugement. Pas davantage sa liberté dont s’est emparée le gourou pour la détruire et à travers elle ses parents. Là où passe le psycho-spirituel, c’est la terre brûlée. L’idéologie du néant.

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