Justice et Vérité pour les familles

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Le psycho-spirituel et ses violences insidieuses

 

Derrière beaucoup de sessions dites de guérison, de « relecture de vie » aux diverses appellations racoleuses, se camouflent de dangereuses  pratiques  psycho-sectaires

Ces sessions sont initiées et pratiquées par de prétendues thérapeutes auto-proclamés dépourvus de formation et de titre  universitaire valide, qui se prévalent d’agir au nom de la foi et dans l’Eglise catholique, sous vigilance d’un évêque.

Les personnes piégées par cette façade, se croient dans l’accueil d’une session catholique. Elles vont être suivies par des « accompagnateurs » qui vont pénétrer par ce biais leur for interne et l’intimité de tous leurs liens familiaux. Cette tromperie fait de nombreuses victimes dont la vie va basculer en entrainant leurs proches dans une barbarie programmée.

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La violence cachée dans le psycho-spirituel

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Parmi toutes les violences psychiques, celles qui résultent des pratiques du psycho-spirituel demeurent encore largement méconnues. Pourtant elles sont multiples et souvent extrêmes. Fonctionnant de manière souterraine avec lui, elles détruisent implacablement les êtres d’une manière cachée parce que perverse. Essayons de voir comment.

Une famille est faite de nombreuses personnes unies par des liens tissés dans la durée par le quotidien de la vie, liens qui sont affectivement puissants. Le vécu familial est leur propriété commune. La famille est un lieu « sacré ». Si un jour, pour des raisons personnelles, une personne se laisse tenter par les propositions alléchantes de sessions dites de guérison, d’agapè, de psychogénéalogie ou du même tonneau, elle en deviendra très vite dépendante, et ne tardera pas à livrer à de redoutables prédateurs tous ses liens familiaux, et cela sans en avoir toujours conscience. En effet, par le moyen de psychotechniques nocives, dissimulées dans un amalgame séducteur associant le psychologique et le spirituel, ces manipulateurs vont détruire à travers lui plusieurs de ses proches, affecter toutes les relations familiales et jeter ainsi toute la famille, qui l’ignore généralement, dans les mailles du filet d’un « thérapeute » faisant office de gourou tout puissant.

Quand, séduite par un pèlerinage, une rencontre d’aumônerie ou une autre proposition ecclésiale a priori attirante, une personne est prise dans le système, elle croit se trouver dans une démarche de foi, où les propos des responsables sont en quelque sorte paroles d’Evangile.
C’est ainsi que, sans le savoir, en croyant suivre une retraite spirituelle, elle se retrouve trop souvent embarquée dans une démarche autre, de nature psycho-spirituelle.

De fil en aiguille, cette personne est conduite par l’intervenant à parler de sa famille et à relire son passé en le déconnectant de la réalité de son vécu auquel, par des techniques insidieuses qui falsifient la mémoire et induisent de faux souvenirs, il va substituer une autre, inspirée par une idéologie malsaine. C’est ainsi que les parents vont devenir des êtres nocifs, voire des monstres, à l’origine de tous les maux réels ou supposés endurés par la personne. Maux « dé-couverts » grâce au « thérapeute ». Maux généralement qualifiés de « blessures » nécessitant une « guérison », que le pseudo-thérapeute garantira pour peu que le «malade» s’engage à suivre une série de stages, sessions ou séminaires, tous prometteurs de bonheur.

Pour le nouveau venu, la démarche psycho-spirituelle devient peu à peu son seul projet de vie. Passage et chemin obligés puisque, selon la théorie enseignée, on ne peut aller au Ciel que « guéri ». Par rapport à un tel enjeu, tous les sacrifices demandés paraîtront légers et faciles.

Voilà comment la porte d’entrée du périmètre familial est ouverte par le « gourou » qui, mine de rien, sans avoir l’air d’y toucher, se trouve en mesure de jouer avec tous les liens familiaux. En fait, il s’agit d’une véritable entrée par effraction, violente et brutale. Le cambrioleur visite et revisite l’histoire de chacun, qu’il ne connaît pourtant pas. A travers son « patient », il se livre à une véritable « psychanalyse » de toute la famille à la lumière aveugle de théories pernicieuses et dévastatrices. Les conséquences de la thérapie sauvage à laquelle est soumis un seul membre ne tardent pas à se faire sentir sur l’ensemble du corps familial comme une injection létale dans un organisme sain.

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Le système pervers est mis en place.

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Dans un premier temps, le comportement de la personne va changer. Sans explication, elle distend ses liens avec ses proches. Le mépris et l’indifférence remplacent l’affection à l’égard des parents. Les rapports se font sur la base du schéma « blessures – guérison », ce qui revient à dire que la personne enfermée dans un pareil discours ne peut plus communiquer qu’avec ceux qui vivent la même expérience. Elle peut aller jusqu’à revoir ses projets de vie pour entrer dans une de ces communautés, « cocon » d’autant plus protecteur et indispensable à sa vie que « la fin des temps » est pour demain…

Déconcertés puis effondrés par un tel changement dans les propos et comportements de leur enfant, les parents en subissent le rejet sans comprendre. Mais parce qu’ils continuent à aimer leur fils ou leur fille instrumentalisé contre eux par le « thérapeute », ils vont subir, dans un non-dit habilement installé, des accusations sous-jacentes, racontées aux uns et rapportées par les autres les accusant d’actes indicibles …Actes généralement jamais nommés puisque imaginaires.

Les liens très forts qui unissent souvent un enfant à ses parents ne peuvent s’abîmer de la sorte sans que n’aient été mises en œuvre des psychotechniques de manipulation mentale. Le matraquage subi par la personne pour la détacher ainsi et la livrer à son « gourou » est d’une violence inouïe. Instrumentaliser un enfant contre ses parents est un acte à la fois pervers et sadique. Le supposé thérapeute qui s’interpose ainsi dans des relations familiales en se les soumettant est un barbare. Oui, quelle puissance de violence faut-il pour pervertir et détruire ainsi des liens d’amour aussi solides ! Et plus les liens affectifs sont solides, plus forte est la violence du processus de destruction.

Comme si elle ne se contentait pas d’exclure les parents de la vie de leur enfant, la violence va

aller plus loin par des actes de cruauté mentale et morale. Sous l’influence de son « gourou-thérapeute », le sujet va s’employer à faire des adeptes parmi les proches et s’appliquer à les dresser contre ses parents. Choqués, stupéfaits, incapables de comprendre ce qui se joue en fait, les autres membres de la famille se trouvent très souvent à la merci de la personne manipulée et manipulante, laquelle, à l’occasion d’une tension, d’un conflit mineur ou de tout autre ouverture opportune va faire des ses parents les boucs émissaires de tout son vécu négatif, selon le schéma-type du psycho-spirituel. Car, profondément déstabilisée par la coupure d’avec ses racines et de son histoire familiale, la personne plongée dans le délire construit par son gourou vit elle aussi une grande souffrance et se trouve la proie d’une profonde angoisse qui l’oblige à rallier à elle le plus possible de personnes pour se rassurer.

Injustement accablés, désavoués, rejetés, les parents vont entrer sans comprendre dans une immense détresse. Faute de réponse à leur demande d’explication rationnelle, leur chagrin s’aggrave immanquablement, tout simplement parce qu’ils sont niés non seulement comme père et mère mais aussi comme être humains. Ils n’existent plus. Ils sont devenus des objets, tout comme leur enfant s’est transformée en marionnette entre les mains du gourou omnipotent.

Le déni du mal subi, le déni d’un être humain, est l’une des pires violences qui soient. La destruction d’une famille qui se portait bien, brisée et éclatée par de telles pratiques, en est une autre.

Cela ne suffit pourtant pas. Après l’opprobre jeté sur les parents, c’est au tour des aïeux, des ancêtres d’être les victimes de l’entreprise de discrédit et de démolition. Avec les doctrinaires du psycho-spirituel, il faut aller les débusquer car ils polluent leurs descendants à cause de leur mal, de leurs pratiques occultes, de leurs secrets monstrueux, de leurs actes innommables. D’eux aussi il convient de se libérer puisqu’ils étaient nécessairement malfaisants ou maléfiques. Pour y parvenir, un seul remède : purifier « l’arbre généalogique » au cours d’eucharisties adaptées.

Ces pratiques psycho-spirituelles délirantes qui utilisent et salissent aussi honteusement les morts en enfermant dangereusement dans la peur les vivants, ne sont-elles pas porteuses d’une violence haineuse sans fin ?

Il faut nommer et bien regarder ce mal destructeur qui violente psychiquement des êtres humains. En effet, si la personne manipulée vit dans une apparence de normalité trompeuse, elle n’en demeure pas moins déconnectée de la réalité de son vécu, propulsée dans une folie construite qu’elle est obligée d’entretenir en s’auto-manipulant, ce qui va la conduire jusqu’à la dissociation psychique avec tous les risques que cela comporte. Par elle, toute sa famille entre en souffrance. De pareils actes sont violents parce que mortifères, porteurs de mort : affective, mentale, psychique, voire physique. Conduits par l’isolement et l’exclusion à toucher le fond du désespoir, certains ont cédé à la tentation de mettre un terme à leur douleur en se suicidant.

Pareille fin s’inscrit dans la logique de l’anéantissement programmé. La destruction de l’être est menée de pair avec une violence camouflée dans un discours dégoulinant de douceur qui promet le bonheur à celui qui renaîtra de ses « blessures » par un « chemin de guérison » salvateur. Mais ce qui est tu, car le gourou induit toujours dans le non-dit, c’est que pour atteindre ce paradis il faut tout casser. Briser sa propre vie remise à un manipulateur, briser ses liens, ses parents, son avenir, ses possibilités de croissance et d’épanouissement.

Le prédateur a réussi quand il a fait de celui qui s’est confié à lui son jouet après l’avoir amené par étapes successives à renier ses racines, à renier ceux qui l’ont construit, à se renier lui-même, à faire exploser sa famille. Détruire l’amour, c’est mettre des personnes dans la non-existence, les plonger dans le néant de la déshumanisation. Y a-t-il pire violence qu’une telle chosification ?

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