Justice et Vérité pour les familles

 

 

 

La revue « Feu et Lumière » numéro 267, consacre son dossier sur le thème « Un enfant pour renaître ». Ce dossier tombe en période de Noël ce qui fait planer l’ambiguïté d’une analogie avec l’Enfant Jésus dans son Incarnation. Ce qui ajoute ainsi à la confusion.

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On peut lire dans  l’éditorial signé par Ephraïm :

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« Le dogme central de notre  foi est l’Incarnation du Verbe. On aimerait souvent se contenter de raisonnements abstraits compatibles avec la raison bien rationnelle ! (…)Mais il nous faut tirer toutes les  conclusions de l’Incarnation et considérer  les conséquences concrètes et réalistes de cette folie de Dieu. (…) Si le Verbe s’est incarné, c’est pour que nous le prenions dans les bras ! »

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Il est très instructif de voir comment, dans les pages qui suivent, les doctrinaires du psycho-spirituel utilisent une personne dans son vécu d’enfant, pour accréditer leur idéologie de la guérison. Conséquences concrètes et réalistes, non pas de la folie de Dieu dont parle Ephraïm, mais de la folie des hommes.

Ce qui est bien démontré par le témoignage dans « Feu et Lumière »  de Catherine, qui a suivi une Agapé.

 Lorsque « l’accompagnateur » lui a demandé ce qu’elle savait de sa naissance, elle a  dit que sa maman avait mis trois jours à lui trouver un prénom car c’était un garçon qui était attendu. Une aventure arrivée à bien d’autres enfants qui fait souvent rire dans les réunions familiales. Mais dans la relecture de cet évènement  sous le regard dudit accompagnateur et des techniques qui fonctionnent comme un tamis pour traquer les blessures, il en va tout autrement.

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Catherine témoigne :

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« Ce même jour de l’Agapé, on nous demanda de fabriquer en pâte à modeler un « moi » à la naissance. (…) Mon accompagnateur arrive et me demande de lui montrer ma composition. En la regardant avec une grande douceur, il me dit « C’est toi ? ». Surprise de sa question je le regarde et explose en larmes (…). Tout à coup je réalise que je me suis représentée les bras tendus, souriante parce que comme ça, quelqu’un va vouloir m’accueillir dans ses bras, me chérir. Entre deux sanglots, je réponds « non » et j’enlève les bras (…) il ne me reste plus qu’un « tas » informe qui n’intéresse personne (= mes parents »)

 

Voilà donc Catherine qui « découvre » en se défendant encore de s’identifier à sa pâte à modeler mais en régressant dans un passé, ou le réel et l’imaginaire s’entrecroise, qu’elle n’intéresse pas ses parents.

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« Nous sommes invités à retrouver tous les autres, accompagnants et accompagnés, à la salle de la parole, où nous allons « bercer » nos nourrissons. (…) On commence à chanter des mélodies de la tradition juive, reprise comme une mélopée et on doit au son de cette « berceuse » balancer nos bébés. Un éclair de « lucidité » : si jamais quelqu’un de l’extérieur nous voit en train de faire ça, on va tous être internés (…). Pour que ce soit plus facile, je ferme les yeux, pas seulement pour ne pas voir les autres, mais surtout pour ne pas me voir, comme ça, j’aurai moins honte. »

 

Les personnes ne fonctionnent plus que dans le registre de l’émotivité. L’esprit critique est annihilé même si parfois un éclair de lucidité fait ressurgir le bon sens qui alerte sur la barrière mentale qui sombre. Des psychotechniques très nocives qui, partant d’un fait réel interprété, induisent un vécu imaginaire qui pour Catherine, sera avalisé par la vision qu’elle dit avoir eue de St Joseph:  «  J’ai vu, j’ai Vu (…)  devant mes yeux saint Joseph (…) fou de joie, criant à tous ses amis (…) Réjouissez-vous  avec moi, c’est une fille ! »

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De quel exercice s’agit-il dans ce mélange des genres ?

« L’exercice terminé (…)

« Au moment de me coucher, je « le » prends avec moi, toujours bien emballé dans mon écharpe, et je le mets à côté de moi, tout près, pensant : pendant trois jours personne ne t’a nommé, personne ne t’a aimé, il faut que je te réchauffe, je ne puis te laisser seul maintenant que « je sais »

 

Il faut noter comment le « dérapeute » en faisant d’abord régresser Catherine d’une manière infantile, non raisonnée, l’a conduite non seulement à s’identifier, malgré ses réticences, à cette représentation en pâte à modeler, mais encore à se dissocier psychiquement puisqu’elle prête son ressenti à cet objet qu’elle console. Par glissement, on est passé de la réalité qui est que sa maman a mis trois jours pour lui donner un prénom, à l’imaginaire induit par le dérapeute à savoir qu’elle n’était pas aimée.

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Un travail à finaliser :

«  Le lendemain matin, au moment de partager avec mon accompagnateur, les mots viennent tout seuls : le Seigneur est venu me visiter dans la nuit…. »  

S’ensuit un dialogue où Le Seigneur l’a nommée « ma bien-aimée », « ma toute belle » « ma préférée », dialogue où Il lui a donné l’amour qu’elle était supposée ne pas avoir reçu. Catherine repartira heureuse, se croyant réconciliée avec le nourrisson qu’elle a été, sans se douter qu’elle est enfermée dans une histoire qu’on lui a suggérée dont le Seigneur sert de caution. Pour cela, elle aura payé fort cher, comme trop de chalands, des gourous qui font commerce des « blessures » des autres. Des vraies et des fausses, sous l’apparence de jeux d’enfants.  

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