Justice et Vérité pour les familles

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Qu’est ce que la miséricorde ?

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Dans le glossaire de l’Eglise catholique, la définition de la miséricorde est :

http://www.eglise.catholique.fr/glossaire/misericorde/

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« du latin misereri : avoir pitié et cor : cœur »

« Attribut de Dieu qui explique son dessein de salut pour l’humanité. La bonté de Dieu est infinie car elle est un des aspects de sa miséricorde (PS 86,5). On nomme ainsi l’attitude profonde de l’être caractérisée pas la disposition d’amour au pardon.  La sensibilité à la misère et à la souffrance d’autrui et à une bienveillance fondamentale vis-à-vis du prochain. » « En l’année jubilaire 2000, le Pape Jean-Paul II a décrété que le deuxième dimanche après Pâques serait désormais celui de la miséricorde divine. »

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Depuis des années, ladite miséricorde est servie à toutes les sauces et cette confusion la vide de son sens. Il est urgent de revenir au sens du mot et à la réalité qu’il recouvre. Citons en premier le Pape Jean Paul II qui a été l’apôtre de la Miséricorde. Sa deuxième encyclique « Dives in Misericordia »  parue le 30 novembre en 1980, lui était consacrée. Un texte de référence à lire ou relire.

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Quelques petits passages parmi bien d’autres, peuvent être cités :

« 127. Le monde des hommes ne pourra devenir toujours plus humain que si nous introduisons dans le cadre multiforme des rapports interpersonnels et sociaux, en même temps que la justice, cet «amour miséricordieux» qui constitue le message messianique de l’Evangile. »

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« 131. la structure foncière de la justice entre toujours dans le champ de la miséricorde (…) L’accomplissement des conditions de la justice est indispensable surtout pour que l’amour puisse révéler son propre visage »

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« 132. Dans l’analyse de la parabole de l’enfant prodigue, nous avons déjà attiré l’attention sur le fait que celui qui pardonne et celui qui est pardonné se rencontrent sur un point essentiel, qui est la dignité ou la valeur essentielle de l’homme, qui ne peut être perdue et dont l’affirmation ou la redécouverte sont la source de la plus grande joie. »

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Dans la conclusion de cet article du 2 avril 2017, en peu de phrases sont résumées sa source et sa finalité :

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«Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix»: l’héritage de Jean-Paul II   

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https://fr.zenit.org/articles/dans-la-misericorde-de-dieu-le-monde-trouvera-la-paix-lheritage-de-jean-paul-ii/

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«  C’est l’Esprit Saint, Consolateur et Esprit de Vérité, qui nous conduit sur les voies de la Divine Miséricorde(…) Là où manque le respect pour la vie et pour la dignité de l’homme, l’amour miséricordieux de Dieu est nécessaire, car à sa lumière se manifeste la valeur inestimable de chaque être humain. La miséricorde est nécessaire pour faire en sorte que chaque injustice du monde trouve son terme dans la splendeur de la vérité. »

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Reprenons encore quelques autres extraits de la 

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BULLE D’INDICTION

DU JUBILÉ EXTRAORDINAIRE

DE LA MISÉRICORDE

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http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_letters/documents/papa-francesco_bolla_20150411_misericordiae-vultus.html

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4.: « lors de la conclusion du Concile, le bienheureux Paul VI s’exprimait ainsi : « Nous voulons plutôt souligner que la règle de notre Concile a été avant tout la charité … La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile…(…) Oui, parce que c’est l’exigence de la charité comme de la vérité mais, à l’adresse des personnes. » (voir dans  St Luc chapitre 10 versets 25-37 la parabole du bon samaritain)

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18 « Voici le moment favorable pour changer de vie ! Voici le temps de se laisser toucher au coeur. Face au mal commis, et même aux crimes graves, voici le moment d’écouter pleurer les innocents » (…)

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15. « C’est dans chacun de ces « plus petits » que le Christ est présent. Sa chair devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin. N’oublions pas les paroles de Saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ».

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Bien évidemment, il faudrait relire tous ces textes d’une grande richesse. A partir de leur enseignement, dont nous citons de modestes extraits, on constate que la miséricorde  a ses exigences : la charité, la justice, la vérité, en sont le socle qui l’enracine dans l’amour de Dieu, inséparable de l’amour du prochain.

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Où sont passées les exigences de la miséricorde ?

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Le pape François, a décrété 2016 année de la miséricorde. Les portiques de la miséricorde ont été dressés dans la plupart des églises, avec promesses « d’indulgences », c’est-à-dire de rémission des péchés, pour ceux qui y passaient dessous. C’est ainsi que les évêques réunis à Lourdes ont tous défilé solennellement sous la porte dressée dans les sanctuaires. Ils y ont ajouté des messes dites de repentance, et certains d’entre eux battent leur coulpe dans leur diocèse, d’une manière guignolesque. La miséricorde serait-elle  une « machine à laver » les péchés,  utilisée selon les besoins et les circonstances ?  Une miséricorde pratique et primaire à résumer selon ce qu’elle mérite : Dieu m’aime, il me pardonne tout mes péchés.

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Et les victimes dans tout ce cinéma ? Face « au mal commis et même aux crimes graves »  dans notre Eglise, il ne semble pas que soit encore venu « le temps d’écouter pleurer les innocents ». Pour cela, il faudrait que  « celui qui pardonne et celui qui est pardonné se rencontrent sur un point essentiel, qui est la dignité ou la valeur essentielle de l’homme » un chemin humain qui reconnaisse le Christ présent dans chacun de ces « plus petits ».

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On en est loin dans cette mascarade de miséricorde.

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